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Regards sur le mobilier domestique


Du Moyen Âge à nos jours, les meubles sont le reflet de la société, au même titre que les arts majeurs. Objets indispensables des intérieurs domestiques, ils participent à l’histoire du goût, qu’ils soient destinés aux intérieurs les plus luxueux et aux maisons plus modestes ou qu’ils servent à garnir les édifices religieux ou les établissements hospitaliers. Les meubles constituent des repères de l’évolution de la société, de la bienséance, du confort ou de la mode. Les meubles sont réalisés dans un matériau noble par excellence : le bois et ses différentes essences, indigènes ou d’importation. L’utilisation d’une essence de bois est un indicateur de datation. En effet, la dendrochronologie transforme les séquences de largeur de cernes de croissance en courbe datée pouvant donner l’année d’abattage de l’arbre, voire la saison. L’étude des marques d’outils laissées sur les surfaces montre aussi la cohérence du meuble. Les traitements de finition, tels le vernis Martin, assurent l’élégance du meuble et sa longévité. Quelques ébénistes – la dynastie des Hache, par exemple – ont marqué leur époque et leur région ; leur nom est parvenu jusqu’à nous, grâce à la conservation de leurs oeuvres dans les collections, mais aussi grâce aux traces laissées dans les sources révélées par les chercheurs. Le renouveau de l’étude du mobilier lorrain apporte un éclairage différent sur la variété d’une production régionale bien localisée. Les institutions, les musées sont des lieux de conservation des meubles. Ils assurent la pérennité et la conservation d’oeuvres authentiques, en dehors des nécessités du marché de l’art. Cependant, il est important de renouveler l’intérêt pour le mobilier domestique, car de nombreuses pièces sont aujourd’hui menacées par l’indifférence de notre époque pour les objets usuels, trop souvent négligés, banalisés par l’usage, alors qu’ils sont des marqueurs importants de l’histoire des sociétés. La protection au titre des monuments historiques peut être un autre maillon de la sauvegarde de ce patrimoine mobilier, une manière de le lier à la demeure qui l’abrite.