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Calvados

Un tableau attribué à Francesco Cairo dans le département du Calvados

11 mai 2010, par Aude Maisonneuve

La commune de Lion-sur-Mer (Calvados) , possède un tableau dans son église repésentant une Vierge de l’Apocalypse. Il vient d’être attribué au peintre milanais Francesco Cairo (Santo Stefano, Milan , 1607 – Milan , 1665) par Stéphane Loire, conservateur au département des peintures du musée du Louvre et Francesco Frangi spécialiste du peintre . Il s’agirait pour eux d’une oeuvre de jeunesse, à situer dans les 30 premières années du Seicento.

Sur un fond de nuée, la Vierge couronnée d’étoiles met le pied sur le serpent. L’Enfant nu qu’elle tient devant elle, met son pied sur le pied de sa Mère, comme pour lui venir en aide pour écraser le symbole du mal et de l’hérésie. Cette représentation est inspirée par la controverse comme l’explique Emile Mâle dans son ouvrage "L’Art religieux après le Concile de Trente, étude sur l’iconographie de la fin du XVIe, du XVIIe et du XVIIIe siècles en Italie, en France, en Espagne et en Flandre" : "Les protestants avaient élevé une objection sur le texte de la Vulgate qui traduisait le passage de la Genése, où il est parlé de la lutte de la femme et du serpent. Leurs critiques soutenaient qu’il ne fallait pas lire ipsa, mais ipse conteret caput tuum. Suivant eux, ce n’était pas la Vierge, mais le Christ qui devait écraser la tête du serpent. L’église savait en effet que la traduction grecque de septante donnait dans ce passage le masculin au lieu du féminin et que dans certains manuscrits de la Vulgate on trouvait ipse au lieu de ipsa ; aussi avait elle concilié les deux interprétations de la façon la plus ingénieuse. "il y a, dit Jean de Carthagène, une lutte engagée entre la femme et le serpent, et c’est la femme qui triomphe, mais elle en triomphe par son fils."

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Photo : Patrick Merret, Direction de l’Inventaire général du patrimoine culturel (Basse-Normandie)

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Le dépouillement des archives n’a pas encore permis de retracer l’histoire de cette oeuvre. Un don du chatelain local ou d’un prêtre pourrait expliquer l’arrivée de ce tableau dans l’église.