Description
L’œuvre d’art, et a fortiori tout artefact susceptible d’être protégé au titre de monuments historiques, est rarement unique. Tout objet mobilier naît d’un contexte, est inspiré par des modèles, entre dans une série, est reproduit, falsifié, inspire à son tour d’autres créations… Or “l’intérêt public” qui justifie la protection au titre des monuments historiques, repose souvent sur la rareté, l’unicité, l’exemplarité.
Les notions d’influences, de modèles, de copies, de séries, de falsifications… sont bien sûr au cœur de l’histoire de toutes les disciplines artistiques. Elles sont tout autant consubstantielles au monde de l’artisanat et de l’industrie. Mettre en série, étudier les versions, détecter les modèles, les reproductions et les faux, établir des typologies, mesurer la rareté voire l’unicité, ou à l’inverse la diffusion, est au cœur du métier d’historien de l’art et de conservateur.
Ceux-ci ont donc choisi d’explorer cette dialectique entre le un et le multiple, entre le même et l’autre, entre l’original et la série, face aux exigences très concrètes de la conservation des monuments historiques. De l’étude du faux sur le marché de l’art à l’analyse des modèles iconographiques dans la production des pièces d’orfèvrerie néobaroque au XIXe siècle, de l’analyse des substitutions illicites et des copies des biens classés monuments historiques au XXe siècle à l’inventaire puis à la protection des cercles méridiens des observatoires français… les contributions ici réunies ont abordé tous les domaines du patrimoine mobilier (artistique, historique, scientifique, industriel, ethnologique, etc.).
Dans ce patrimoine multiple, multiforme, proliférant, l’interrogation reste toujours : Que conserver ? Que transmettre ? Que choisir ? Une question que ne se sont pas posés ceux qui ont vécu au plus près le sauvetage des objets de la cathédrale Notre-Dame de Paris juste après son incendie, et qui livrent, en contrepoint, un témoignage précis et informé.



